Jeudi 13 avril 2006 4 13 04 2006 10:51

Six ans après son épopée en Coupe de France conclue sur une finale perdue (1-2) face aux Canaris, les espoirs de Calais de retrouver le Stade de France se sont une nouvelle fois brisés (0-1) mercredi sur le réalisme d'un FC Nantes pourtant inexistant dans le jeu 90 minutes durant. Copieusement dominés par les pensionnaires de la CFA, les Nantais ne doivent leur salut qu'à un but de Da Rocha en toute fin de match. Nantes rejoint Rennes, tombeur de Montpellier (5-3, a.p.), Marseille et le PSG en demi-finales.

Tout le soulagement des Nantais dans la joie de Da Rocha après son but
 

Pourtant, le charme est intact. Calais est envoûtant, c'est ainsi. Bordeaux, humilié il y a six ans jour pour jour, dans ce même stade Bollaert, où avaient pris place mercredi encore 25 000 amoureux du CRUFC curieux de voir si la bande à Schille, même largement remaniée, était encore capable de créer l'exploit, Nantes n'ignorait pourtant rien du piège tendu en grand à l'occasion de ce quart de finale dans le Nord. Mais, même si les héros calaisiens de 2000, ne se comptent plus que sur les doigts d'une seule main aujourd'hui (Schille, Becque, Baron, Dutitre, Milien), l'esprit demeure...

Un esprit et un amour de ce maillot Sang et Or, une nouvelle fois sublimés dans l'antre du RC Lens, qui auront porté quatre-vingt-huit minutes durant les Calaisiens vers une qualification et des retrouvailles avec la finale au Stade de France avant... Avant la plus cruelle des désillusions au travers de ce but assassin de Frédéric Da Rocha, à deux minutes de la fin du temps réglementaire (0-1, 88e) alors que les deux équipes se dirigeaient vers une prolongation déjà inespérée pour des Canaris dominés de la tête et des épaules depuis le coup d'envoi par une équipe qui, bien qu'inférieure de trois divisions, donnait une véritable de leçon à son adversaire, poussant la démonstration jusqu'à imposer des séquences de jeu que l'école nantaise, si peu honorée cette saison du côté de la Beaujoire, n'aurait sans doute pas reniées.


Nantes brise l'anathème

Mais une fois encore, six ans après le scénario de la finale perdue par les Calaisiens (1-2) au Stade de France, le réalisme était nantais. Le quatuor d'attaque Oliech-Rossi-Da Rocha-Quint incapable de se créer le moindre début d'occasion, le FCNA menaçait Schille, impeccable sur ce coup-là, une fois en tout et pour tout sur une tête de Cetto, monté aux avants-postes en tout début de match et servi par Savinaud (9e). C'était là le famélique rendement de la formation de Serge Le Dizet qui, avant de trouver miraculeusement la faille sur cette frappe au rebond fatal à Schille décochée à l'entrée de la surface par Da Rocha, enfin trouvé par Oliech, aura été prise à la gorge de bout en bout.

Le pressing permanent de onze Nordistes déchaînés compliquait la vie de Landreau et ses coéquipiers comme Bordeaux s'était montré incapable de déployer son jeu dans les mêmes circonstances il y a six ans. Le seul regret calaisien réside finalement dans cette faillite dans le dernier geste comme sur cette première occasion mettant le feu dans la surface nantaise. D'ordinaire boussole inébranlable pour ses coéquipiers, même Landreau semblait rattrapé par la fébrilité naissante côté canari quand le portier nantais sortait loin de sa cage et laissait Hoguet, admirable de courage centrer avant que Marque ne décoche une reprise contrée (19e).

La suite se résumait à une pression constante des joueurs de Sylvain Jorre autour de la surface nantaise concrétisée par deux seules occasions: centre de Rollet dévié sur la barre de Landreau (30e) et reprise contrée de Hoguet suite à une sortie ratée de Landreau sur corner (31e). Comme un symbole de l'abnégation du petit poucet, le sublime tacle du jeune Meirsman en pleine surface pour enrayer le débordement d'Oliech enflammait un peu plus Bollaert juste avant la pause.

Calais faisait mieux que se défendre et c'était là déjà une première victoire aux points seulement. Manquait l'essentiel, cette ouverture du score que Nantes, même au retour des vestiaires, semblait toujours incapable de trouver. A la différence de Boutoille, l'ancien Lillois, et ses coéquipiers qui ne relâchaient pas leur pression après la pause. Hoguet, arcade sourcilière éclatée et un bandeau ensanglanté lui barrant le front, menait un duel au couteau avec Cetto qu'il s'acharnait à mettre au supplice. Le jeune attaquant calaisien, le plus dangereux des Nordistes, allait même jusqu'à se présenter seul face à Landreau avant d'être repris in extremis par Guillon (65e). La fatigue et le coaching de Le Dizet aidant, l'étreinte du CRUFC se faisait moins forte et le retourné acrobatique de Cetto bien capté par Schille constituait un avertissement sans frais. La suite n'en est que plus cruelle...


Landreau: "Sérieux jusqu'au bout"

Un petit miracle pour Faé et le FCNA malmenés par de formidables Calaisiens
 

Calais avait été digne de sa légende et surtout avait prouvé que l'esprit du CRUFC demeure. Ses nouveaux dépositaires se nomment Hoguet ou Meirsman... Mickaël Landreau, lui, caressait le doux rêve d'une troisième et dernière Coupe de France avant un probable exil quand il soulignait à l'issue du match : "Sur ces sept saisons qui sont aujourd'hui derrière moi, à chaque fois en Coupe de France, on a su se montrer sérieux, à chaque fois, on sait se mobiliser pour ce rendez-vous. Et l'international de conclure sur cet hommage à ses adversaires : "Calais au Stade de France il y a six ans en finale, c'était déjà compliqué. Alors cette fois ici à Bollaert, ça ne pouvait être que difficile face à une telle équipe..."

 

Rendez-vous l'année prochaine les chtis :)

Par Thanos - Publié dans : Le Microcosme de Thanos
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