Cinéma

Vendredi 3 mars 2006

Synopsis :
Alors qu'une étrange épidémie qui infecte les millions de cadavres et les transforme en zombie, atteind les Etats-Unis, un petit groupe de survivants aux attaques de ces morts-vivants qui peuvent les infecter et les transformer ainsi à leur image, tentent de se protèger et de se réfugier dans un centre commercial de la petite ville de Everett, Washington...

Quand il n'y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur terre.....
 

Comme ce fut également le cas pour l’adaptation de Massacre à la tronçonneuse, Zack Snyder a parfaitement bien saisi qu’il ne pourrai jamais retrouver l’essence du chef d’œuvre d’origine et a fait le bon choix de la réadapter a sa façon. Les deux films n’ont alors en commun hormis le titre, que la trame générale, à savoir l’histoire d’un groupe de survivants échappant à un apocalyptique mouvement de cadavres ambulants en se réfugiant dans un énorme centre commercial déserté. Le réalisateur a donc la bonne idée de ne pas singer le maître en la matière. Ici point de satire sociale cherchant à montrer du doigt l’impossibilité du peuple à se défaire des produits de consommation, point de morale visant à punir la société en nous renvoyant tous à l’age de pierre : Zombie version 2004 c’est du fun a l’état brut sans volonté de faire passer un quelconque message.
Toutefois le jeune réalisateur (et visiblement grand cinéphile) n’en oublie pas moins de faire constamment des clins d’œil à la trilogie des morts. Les références fusent de tout les cotés, tel par exemple l’héroïne qui s’écrase contre un arbre à la manière de Barbara au début de La nuit des morts vivants. Gros clin d’œil également au film d’origine : un prêtre noir moralisateur (qu’on pourra aisément comparer à l’éclopé discutant avec les membres de l’unité spéciale après l’assaut de l’immeuble) conclue un message télévisuel censé calmer les esprits sur cette phrase "Quand il n’y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur terre" soit le slogan d’origine lors de la sortie du film en 1979. Enfin les nostalgique apprécieront les fameuses interviews télévisées du shérif, si chères à Romero, ici interprété par Tom Savini Himself qui affirme, en parlant des zombies, "en avoir connus quelques uns".

Formidablement bien adapté à son époque, L’armée des morts sait saisir les qualités du cinéma contemporain en s’abstenant de reproduire les défauts de ce genre de film. Le réalisateur esquive les mauvais clichés pour aller à l’essentiel : si une porte s’ouvre tout doucement, c’est pas pour nous faire une fausse frayeur, mais bel et bien pour amener un zombie. Il offre également au métrage un suspens et une véritable tension palpable dont le rythme ne faiblit à aucun moment durant 1h40. Les scènes d’action (car action il y a) qui ne cherchent aucunement à faire dans la surenchère, lorgnent du coté d’Alamo, d’Assaut ou plus récemment de Nid de guêpes et constituent un agréable mélange avec un humour bien dosé dont l’inspiration des films de John Landis (extraits de film à l’appui) est omniprésente.

Non content de piocher de très bonnes idées chez les autres, Snyder déborde d’imagination pour ne pas faire retomber la tension : que ce soit la bataille de l’héroïne la plus faible contre une armée de zombies dont notre point de vue se limitera à ses cris à travers un talkie-walkie, ou bien encore le petit jeu sadique auquel s’adonnent les mêmes héros dont la règle est de dégommer, depuis le toit du bâtiment, le meilleur sosie des célébrités qu’ils ont choisi au préalable parmi la foule de morts vivants errants sur le parking (Burt Reynolds appréciera). La meilleure de ces idées reste quand même Ving Rhames communiquant avec l’habitant posté sur le toit voisin à l’aide d’ardoises Veleda, remplaçant au pied levé les SMS aujourd'hui à la mode ou divers chats sur Internet. Un nouvel exemple de la régression technologique en cas de crise.

Remake de film de Romero oblige, nous avons également droit quelques séquences gores complètement décomplexées du plus bel effet sans pour autant tomber dans un esprit cartoon ; les têtes éclatent à tout va et se font empaler de tout les cotés, humains et zombies se font démembrer en gros plan et les effets spéciaux numériques indispensables (à moins d’avoir des cascadeurs très courageux), brillent par leur efficace discrétion et complètent un maquillage de grande qualité (sans doute l’un des meilleurs avec celui de La nuit des morts vivants de Savini). Bon technicien et bon narrateur Snyder s’avère aussi être un directeur d’acteurs doué. Sur un fort nombre de premiers rôles, aucun ne prend le dessus sur les autres. Malgré la banalité sans surprise des personnages, le minimum nécessaire est toutefois déployé pour que l’on s’attache à chacun d’eux, et leurs interprétations à défaut d’être transcendantes, sont d’une réelle justesse.

A la tête d’un ingénieux puzzle donc chaque morceau est maîtrisé à la perfection, Zack Snyder, pour son premier film mixe avec efficacité rythme, action, humour et terreur, nous offrant un excellent survivor qui aurait pu être une perfection si (en chipotant un peu) il avait été un peu plus couillu sur son final un poil trop prévisible. Toujours est il qu’il nous signe le film de zombies dans la plus pure tradition que nous attendions depuis des années (28 Jours plus tard à part), sans dénaturer l’œuvre de Romero mais également sans rester dans l’ombre de ce dernier. Les morts-vivants sont bel et bien de retour, et bon sang, ça fait du bien !!! ^^

Par Thanos
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Jeudi 30 mars 2006

Store Wars, la guerre des supermarchés, est une jolie parodie animé de Star Wars pour expliquer les méfaits de la grande distribution sur la qualité des légumes. Dark Potatoes, Ham Solo et son fidèle second Choux-Brocoli,  Obi Wan Cannoli ou encore le maître Jedi Yoghurt vous attendent dans le rayon Fruits et Légumes de votre supermarché préféré :D

 

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Par Thanos
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Mardi 18 avril 2006

Synopsis :

L'histoire d'un flic dur à cuire, le détective Keith Frazier (Denzel Washington), jouant au plus malin avec un brillant cambrioleur, Dalton Russell (Clive Owen), lors du délicat hold-up d'une banque, avec prise d'otages. Alors qu'un dangereux jeu du chat et de la souris se met en place, un deuxième prédateur émerge : Madeline White (Jodie Foster), une avide négociatrice aux intérêts cachés, qui va venir ajouter encore plus d'instabilité à une situation déjà très tendue...

Braquage de banque qui tourne à la prise d'otages... Le synopsis de Inside Man sent le « déjà-vu ». Mais dès les premiers instants, avec la chanson d'ouverture, tube bollywoodien par excellence, on nous rappelle que ce n'est pas n'importe qui aux commandes : il s'agit de Spike Lee. Homme de convictions, il n'hésite pas dans ce film à l'affirmer, même dans un blockbuster.

Avec ses apparences musclées, ce long-métrage dénonce les stéréotypes raciaux, la violence et le self-made-man américain. Entouré d'une brochette de comédiens excellents qu'il faudrait tous citer pour ne pas être injuste, le cinéaste réalise une oeuvre très divertissante. Le scénario a le défaut de livrer parfois trop rapidement les informations et les rebondissements ne sont pas tous aussi imprévisibles. On reste cependant captivé de bout en bout par cette affaire new-yorkaise. Non seulement on se délecte du casting et de l'histoire, mais ceux-ci prennent place dans la Big Apple, mégalopole où se croisent des milliers et des milliers de personnalités différentes, de destins différents. Les otages, ainsi que tous les protagonistes montrent chacun une facette de cette ville cosmopolite et apportent beaucoup d'humanité et d'humour à l'histoire. Il est évident que ce film est commercial et calibré, il n'en est pas moins intelligent et ne verse pas dans la surenchère. La patte de Spike Lee est indéniable et on lui en redemande !

Coup de coeur pour la bande originale du film et plus particulièrement à ce remix de la chanson hindi Chaiyya Chaiyya mêlant hip-hop et rythmes celtiques (!) qui est un vrai régal...

Sapna Awasthi & Sukwinder Singh, Chaiyya Chaiyya Bollywood Joint

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Thanos
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Jeudi 20 avril 2006

Synopsis :

V for Vendetta se passe dans l'Angleterre fasciste de l'après-guerre nucléaire, où apparaît un justicier implacable signant ses actes de la lettre V. Obsédé par le souvenir d'une culture désormais interdite et disparue, cruel et terriblement intelligent, V (Hugo Weaving) s'attaque aux plus forts symboles de la dictature, animé par un immense désir de vengeance et une indicible haine. La police du Commandeur est sommée de mettre fin à ses agissements au plus vite...
De son côté, Evey Hammond (Natalie Portman *bave*) ne veut rien oublier de l'homme qui lui sauva la vie et lui permit de dominer ses peurs les plus lointaines. Rien oublier de ses parents, assassinés des années plus tôt au nom de la raison d'Etat. Rien oublier de son petit frère, victime d'expériences barbares. Il fut un temps, pas si éloigné, ou Evey ne voulait se souvenir de rien et n'aspirait qu'à l'anonymat. Mais une nuit, après le couvre-feu, alors que deux gardiens de l'ordre s'apprêtaient à la violer dans une rue déserte, Evey Hammond, comme dans un rêve, vit surgir son libérateur. Son apprentissage commencera quelques semaines plus tard sous la tutelle de V. Evey ne connaîtrait jamais son nom, son passé, ne verrait jamais son visage atrocement brûlé et défiguré, mais elle deviendrait à la fois son unique disciple, sa seule amie et le seul amour d'une vie sans amour...

Beauté et sérénité d'une vengeance implacable... Liberté, égalité, terrorisme...


Au premier abord, V for Vendetta peut causer un brin d'inquiétude... Thriller futuriste écrit et produit par les Frères Wachowski, alias les géniteurs de la trilogie Matrix, le film pourrait être réservé à un public d'initiés, fans de science fiction. Or, dès les premières minutes, il est évident que le long-métrage s'adresse à une plus large audience tout en proposant une vision sombre mais pertinente de l'avenir de notre société.


Même si certains apprécieront V for Vendetta au premier degré, d'autres y verront moult références à l'actualité, à l'histoire et à la littérature. Le monopole économique et médiatique du Chancelier Chutler rappelle inexorablement les magouilles de Silvio Berlusconi. Les assemblées et discours de ce même chancelier semblent tout droit sortis des archives du régime nazi. Quant à la passion entre Evey et V, elle ressemble fort à celle qui existe entre la ballerine et le fantôme de l'opéra.


Bien qu'usant de violence avec modération, V for Vendetta est dérangeant dans la mesure où le film trouve des réponses légitimes à l'extrémisme, au terrorisme et à la soif de vengeance. Le fanatisme est au pouvoir et la révolte vrombit parmi le peuple de Londres. V n'est qu'un catalyseur pour le soulèvement. Adepte de Machiavel, il est prêt à tout pour que son message soit entendu, quitte à faire sauter les édifices symboliques du pouvoir. Il reste toutefois humain grâce à son idylle avec Evey. Avec ce personnage mi-héros, mi-antihéros, les
Frères Wachowski justifient certains actes terroristes ; et prennent donc un parti intéressant mais risqué. Les "W" s'interrogent alors sur la notion de terrorisme et de résistance, écrivent une longue scène de torture qui évoque l'enfer de Guantanamo et incluent même dans le film des images des attentats du métro de Londres.


Le crédibilité du scénario, finalement assez classique, tient aussi bien aux décors d'Owen Paterson, à la musique de Dario Marinelli qu'au jeu des comédiens. Stephen Rea (Michael Collins, The Crying Game) et John Hurt (Midnight Express, Harry Potter, Dogville) n'ont plus grand chose à prouver. La Evey créée par Natalie Portman (Leon, Closer) oscille entre détermination, fébrilité et fragilité. Mais il faut surtout se pencher sur celui qui a eu la lourde tâche d'interpréter V. Malgré un masque impassible qui ne laisse rien voir de son visage et un costume du même acabit, Hugo Weaving (Priscilla, Folle du désert, Matrix, Le Seigneur des anneaux) réussit à faire transparaître de nombreuses émotions. Chapeau bas !!! Quant au directeur de la photographie Adrian Biddle et le monteur Martin Walsh, ils ont rendu le tout digeste. Les deux heures et dix minutes que durent le film passent sans encombre.


Pour sa première réalisation, James McTeigue s'est attelé à un projet ambitieux avec cette adaptation du roman graphique d'Alan Moore et de David Lloyd. Les multiples niveaux de lecture du long-métrage lui assurent un respect que d'autres blockbusters n'obtiendront jamais. Avec une distribution sans faille, une mise en scène rythmée et une symbolique subtile, V for Vendetta va faire des ravages sur le box-office... Les créateurs de Matrix adaptent une BD culte et délaissent l'action pure et dure pour la réflexion : leur film est un tag anti-faciste, un véritable cocktail molotov lancé à la tête de toutes les dictatures, contre les usurpateurs et les voleurs de liberté. Un film révolutionnaire !

" Vi veri veniversum vivus veci " ... " par le pouvoir de la vérité et alors que je vis j'ai conquis l'univers "

J'ai été le voir hier soir et j'ai complètement craquer pour ce chef-d'oeuvre *bave*

Pour moi c'est ZE coup de coeur, ZE meilleur film que j'ai vu au ciné pour le moment cette année en attendant, avec une très grande impatience, la sortie de Silent Hill dans les salles obscures la semaine prochaine ^^

Par Thanos
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Lundi 8 mai 2006

 Synopsis :

Sharon est une petite fille adoptée, sage et adorable. Son attitude change néanmoins complètement lors de ses crises de somnambulisme la nuit : elle dessine des choses bizarres, et parle de "rentrer chez elle à Silent Hill". Ses parents, inquiets, décident de réagir. Contre l'avis de son mari, Rose part avec Sharon à la recherche de la mystérieuse ville. Sur place, le cauchemar va commencer : Silent Hill est une ville fantôme, coupée du reste du monde, et au passé cauchemardesque ayant une furieuse tendance à ressurgir...

Avec le nombre d'adaptations ratées de jeux vidéo au cinéma ces dernières années, l'annonce d'un Silent Hill porté par Christophe Gans à l'écran sonnait comme l'espoir ultime de voir le genre trouver ses lettres de noblesses. Car si le jeu vidéo rend souvent brillamment hommage au cinéma, l'inverse ne s'est encore jamais produit. Avec Silent Hill, nous tenons l'une des licences les plus prometteuse sur grand écran. Avec Christophe Gans, nous tenons le type même de réalisateur suffisamment habité par les jeux vidéo et le cinéma pour que le résultat soit de haute tenue. Néanmoins avant d'entamer la décortication de mon verdict, il faut remettre les choses à leur place : un jeu reste un jeu, et un film reste un film. A savoir que le processus d'adaptation n'est pas sans danger, et surtout que si la conversion d'un livre en images a presque un siècle d'expérience derrière elle, celle des jeux vidéo n'a pas encore trouvé un semblant de charte. En ça, l'adaptation de Silent Hill par un cinévore se fixant comme objectif premier de satisfaire à la fois les "gamers" et les cinéphiles prend des allures de projet à l'ambition démesurée, voire un défi complètement fou. Les pièges étaient nombreux. Ont-ils été évités ? Pas tous, mais le résultat provoque un énorme enthousiasme viscéral, une sorte de plaisir rare devant un écran.

Depuis Le Pacte des Loups, Christophe Gans a changé et est à la fois resté le même. On retrouve ainsi chez le réalisateur toute sa propension à soigner à l'extrême l'esthétique de ses images. Que ce soit l'apparition d'un monstre, une scène d'action dans un couloir, des plans anodins sur une voiture roulant vite, un simple mouvement de caméra à l'intérieur du véhicule, Rose parcourant son jardin en petite tenue ou se tenant allongée contre un arbre avec sa fille, chaque plan est d'une beauté à couper le souffle. Gans sait quand et comment faire bouger sa caméra, et lorsque le cadre se fixe pour des dialogues ce sera toujours sous un angle, avec des décors en fond ou une lumière bien précise pour que l'ensemble reste riche et cohérent. L'univers esthétique de Silent Hill est maîtrisé dans les moindres détails et l'immersion qu'il propose rappelle à ce niveau l'efficacité de ses précédents films. En même temps, la fracture avec Le Pacte des Loups est immense, notamment par un style beaucoup plus sobre et posé. Pas de ralentis, pas d'accélérations, tout passe dans les cadres, le découpage et le montage (Sébastien Prangère et David Wu sont encore de la partie), ce qui en soit s'imposait de par le sujet.

Cette exigence artistique de cinéaste démarque immédiatement Silent Hill des Resident Evil et autres apocalypses sur pellicule, en sentant sur toute sa durée le bon cinéma. Le pari d'un jeu vidéo transformé en film est donc relevé avec un brio esthétique et grammatical à faire rougir de honte le moindre blockbuster tiré d'un scénario original. En ça, et malgré les défauts que je vais relever, Silent Hill marque un tournant : celui du film d'horreur moderne à l'univers riche et passionnant sur tous les niveaux. Exit les Mila Jovovich ne trouvant de consistance qu'en brandissant ses flingues et ses highkick, et même Romero prend un coup de ringardise avec son Land Of The Dead. C'est dire.

Le revers de la médaille était alors de tomber dans les pièges des jeux vidéo qui même dans les cas les plus fouillés comme la saga Silent Hill se permettent des simplifications scénaristiques. Si le tissu narratif global du film est fluide et parfaitement adapté au grand écran, on note tout de même quelques petits signes de faiblesse, notamment dans l'introduction. Vite expédiée, elle ne semble en effet presque servir que de prétexte à rentrer dans le vif du sujet. Un choix radical pardonnable lorsqu'on a une manette entre les mains mais qui devient légèrement frustrant à l'écran. Heureusement, Silent Hill appartient à cette catégorie de films où le meilleur est à venir et non l'inverse, et parvient à se faire rapidement pardonner ce raccourci. Cet exemple met en valeur un piège de l'adaptation voulue parfaite : en bâclant ses dix premières minutes, l'histoire rappelle l'espace d'un instant qu'elle est tirée d'un jeu, qui, à l'instar du genre entier, cherche à exposer les faits en même temps que le sujet au détriment d'une introduction que tout le monde aurait zappé en pressant le bouton "Start".

Le film démarre véritablement au moment où Rose (Radha Mitchell) prend la route avec sa fille. Le jeu nous plongeait progressivement dans un cauchemar éveillé, le film y parvient également. Certes les frissons ne sont plus tout à fait là où ils étaient sur console, les conditions n'étant plus les mêmes : nous ne sommes plus seuls dans une pièce face à notre écran et aux commandes de notre alter-ego virtuel en danger de mort, mais dans une salle de cinéma présentant un film à l'expérience ne durant "que" deux heures. Pour contourner cet handicap, Silent Hill possède deux atouts majeurs : le premier est l'atmosphère oppressante et malsaine du jeu totalement palpable ici, le second est la présence d'un réalisateur connaissant parfaitement les codes du film d'horreur et arrivant à instaurer quelques moments de haute tension chez le spectateur. Il serait difficile de dire que Silent Hill fait peur tellement ce serait réducteur : ses qualités vont bien au delà des simples sursauts d'un slasher banal. La plongée dans le cauchemar est progressive, et jamais sur toute l'histoire on ne se sent à l'aise, que ce soit dans les scènes plongées dans les ténèbres où les monstres apparaissent, ou celles de lumière où le mystère et l'inquiétude planent constamment.

La plus grande réussite au delà de la reconstitution de la ville enfouie dans la brume et les cendres réside incontestablement dans le passage vers la dimension des ténèbres. La recette demeure relativement simple : une sirène se met en route au loin, la lumière baisse jusqu'à disparaître et laisser la place à un écran noir. Rose s'éclaire alors avec ce qu'elle peut (un briquet, une torche) et découvre le décor se transformant de ruines en un cauchemar rouillé où les créatures de Dante prennent vie et hurlent leur douleur en avançant vers leurs victimes. Le tout porté par une bande-son démentielle, démonstrative à souhait et pourtant d'une richesse et d'une finesse inouïe.

Si Gans impressionne par ses goûts artistiques, ils se prolongent jusqu'au niveau des effets spéciaux. Usant d'artifices mécaniques ou d'acteurs pour la plupart des créatures, Pyramid Head ("MAIS OMG" ... "MAIS RHAAAAAAAA LOVELYYYYYY!" copyright Gally ;) ) *bave* et les infirmiéres, les effets générés par ordinateur se montrent bluffant. Passé la première attaque de monstres dans une ruelle (où leur chaire en synthèse demeure trop voyante), les effets s'enchaînent tout en étant merveilleusement intégrés aux personnages et décors. L'ensemble est organique, dérangeant, bref mit en scène avec le même soucis d'esthétisme que le reste, lui apportant là encore une cohérence manquant aux autres adaptations de jeux vidéos vite moulinées.

L'autre inquiétude que l'on pouvait avoir se situait au niveau des acteurs. Connu pour rester un peu trop derrière son combo sur les plateaux de tournage, Gans n'a jamais été un excellent directeur d'acteurs. On aura donc une nouvelle fois quelques reproches à l'encontre des deux personnages principaux : Radha Mitchell remplit parfaitement sa figure esthétique de femme fragile en détresse, mais perd en partie de sa crédibilité lorsqu'elle est obligée de débiter ses dialogues. Laurie Holden de son côté cherche trop à coller à son personnage de femme forte (forcément, elle est flic) et ne nuance pas assez son jeu pour ne pas paraître de temps en temps caricaturale. L'énorme surprise provient alors des personnages secondaires, à commencer par Deborah Kara Unger en sorcière humaine et torturée, et la jeune Jodelle Ferland qui incarne trois personnages avec brio. Sans oublier Alice Krige et son timbre de voix terrorisant qui font de ce gourou hanté un personnage fascinant. Sean Bean de son côté remplit son rôle en faisant du Sean Bean, dans une intrigue secondaire qui paraîtrait futile si elle n'était pas aussi bien découpée dans l'histoire et n'amenait pas à une conclusion assez troublante (bien qu'étant le seul élément prévisible du film). Bref, Silent Hill trouve en ses deux acteurs principaux des éléments esthétiques redoutables, mais handicapant lors des scènes de dialogues. Une caractéristique finalement assez proche de la mentalité des plus grand classiques d'horreur, où les actrices - souvent fétichisées - ne servait que d'instrument artistique.

L'histoire en elle-même reprend les forces et faiblesses du jeu, à savoir un développement progressif impressionnant ayant pour point de départ un postulat en apparence trop simpliste. Son originalité n'est certes pas sa première qualité, mais la manière dont elle est dévoilée au fur et à mesure par des non dits avant d'éclater dans un flashback et un final sous forme de bain de sang gore hautement jouissif, lui confère toute la justesse que l'on pouvait espérer, avec les défauts encore inhérents au genre.

Silent Hill s'impose donc comme une révolution en matière d'adaptation de jeu vidéo à l'écran, mais bouscule également le genre complet du film d'horreur populaire tel que nous le voyons depuis une dizaine d'années au cinéma. Son ambition lui apporte une force considérable et quelques petites faiblesses qui, à la sortie de la salle, ne sont pas sans rappeler que l'on vient de voir un film de Christophe Gans. Ce dernier marque également une petite rupture tant attendue dans sa (pourtant courte) filmographie : la réappropriation d'un sujet. La démarche est osée, le pari en partie rempli, et le plaisir incommensurable de découvrir autant de cinéma sur 2h07 de pellicule suffit à générer l'enthousiasme. Je conseille à tous le monde d'aller voir ce film et que vous l'avez aimer ou non, vous reconnaitrez au moins qu'il a le don de sortir de l'ordinaire ;) En tout cas pour moi c'est une oeuvre grandiose... une chose est sûre : ce film me restera gravé comme une grande expérience cinématographique, mettant mal à l’aise, et maîtrisé de bout en bout par une équipe qui sait ce qu’elle fait... LE meilleur film que j'ai vu cette année au ciné ^^ Démons et merveilles... "Dans mes nuits mouvementées, je vois cette ville Silent Hill... tu m'avais promis de m'y emmener encore un jour, mais tu ne l'as jamais fait"

 

Tio PS : Sony emballé par la qualité du film a proposé aussitôt à Christophe Gans de mettre en scène la suite ^^

Par Thanos
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